Vis medicatrix naturae • le médecin intérieur

 

What a wonderful world…

«Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. […] La terre n’appartient pas à l’homme; l’homme appartient à la terre. […] Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.» Réponse du chef Seattle aux délégués de la Maison Blanche qui, en 1854, proposaient aux Sioux d’acheter leurs terres pour le compte des Etats-Unis.

Forces formatrices & force vitale

L’être humain s’inscrit dans un ordre cosmique qui le dépasse, dont il est issu, qui fait donc partie de lui, et dont les lois sur le plan macrocosmique s’appliquent également à son fonctionnement, du plus subtil (spirituel) au plus dense (corps physique), microcosmique*.

(*) D’ailleurs, au niveau atomique, les observations en physique quantique montrent qu’il y a plus de vide que de matière… nous revoilà au plan cosmique et la boucle est bouclée!

 

Cristal d'eau - espoir

 

Or, force est de constater que la nature, manifestation des forces formatrices élémentales et universelles, tend à manifester ses potentiels selon un plan parfaitement organisé, dont les réalisations visibles dans le monde minéral, végétal et animal témoignent d’une complexité croissante, tant sur le plan individuel que relationnel, qui inspire le respect.

Vis medicatrix naturae, le médecin intérieur - Géométrie minérale - 2

 

«La nature ne produit rien qui soit nuisible, bien au contraire, elle nous procure un air pur et respirable, une eau pure, des rayonnements doux, propices à la vie, qui favorisent la coexistence harmonieuse du merveilleux univers des plantes, des animaux et de l’espèce humaine.» (Anne Lorch, Les micro-organismes efficaces)

Vis medicatrix naturae, le médecin intérieur - Homme de Vitruve

 

Or, tout est dans tout. Ce qui est en haut est en bas, ce qui est dehors est dedans, le macrocosme et le microcosme se font miroir, l’écosystème planétaire répond aux même lois de l’équilibre naturel que l’écosystème humain, ce qui est applicable dans un domaine, l’est aussi dans un autre, selon les principes de la cohérence systémique.

 

La naturopathie: principe d’écologie humaine, humaniste

Le corps humain aussi est régi par des lois naturelles qui se manifestent par des forces d’équilibration que la science peine toujours à expliquer, encore plus à reproduire ou à contrôler (illusion majeure de la médecine moderne).

L’homéostasie est définie comme l’ensemble des facteurs régulateurs du milieu intérieur. Il s’agit de l’intelligence biologique qui maintient l’équilibre vital de l’organisme. Cette intelligence est syntropique, elle tend à réaliser tous les potentiels de l’être humain incarné. Alors que toutes les actions (conscientes ou inconscientes) qui défient les lois naturelles, qui tendent à rompre l’équilibre, sont dystropiques et entrainent une dégénérescence plus ou moins rapide du système.

Le principe vitaliste

Le corps est le reflet de l’univers et chaque cellule est le reflet holographique de la nature cosmique. Il tend à la réalisation de tous ses potentiels, depuis la rencontre de deux cellules particulières recréant l’unité, la singularité d’une vie dans le continuum. Chaque cellule a une fonction et est en relation avec toutes les autres. Au total, les tissus, les organes, les systèmes, le corps tout entier sait parfaitement se prendre en charge. Il se réalise, se maintient, se répare, se régénère continuellement.

Le vitalisme est le principe de reconnaissance d’une énergie, force vitale intrinsèque, à la fois distincte des réactions physico-chimiques de la matière et distincte du psychisme, qui anime le corps, préside à l’homéostasie et au processus d’auto-guérison. Le concept vitaliste est universel dans le temps (depuis Sumer) et dans l’espace.

La vision holistique

Vis medicatrix naturae, le médecin intérieur - Homme - idéogramme chinoisL’être humain, d’essence spirituelle (cosmique, transcendantale), est néanmoins un être incarné, habitant un corps matériel. Sa verticalité, unique en son genre parmi les mammifères de cette terre, fait de lui un trait d’union entre le ciel et la terre, tel que représenté par l’idéogramme chinois, qui se subdivise clairement en trois pôles: métabolique (relié à la terre, lié à la digestion, à la reproduction), rythmique (lié aux échanges, zone du coeur et des poumons) et neuropsychique (relié au ciel, lié au discernement, à l’intuition, à la sagesse).

L’incarnation n’empêche pas l’expérience spirituelle et la transcendance, mais celle-ci passe, me semble-t-il, par une acceptation préalable de l’incarnation et par l’expérience du corps sur le plan physique, énergétique, émotionnel, par la compréhension de son mode de fonctionnement général (physiologie-homéostasie), par le respect de son mode de fonctionnement particulier (constitution) et par la connaissance de son individualité (tempérament et diathèse).

Le rôle du thérapeute: leçon d’humilité

«Je l’ai pansé, Dieu l’a guéri» (Ambroise Paré, médecin de guerre, 1510-1590)

Le thérapeute, dans ce contexte, «prend soin de l’être» (Jean-Yves Leloup), il est «le bon compagnon sur le chemin de la santé» (K. G. Dürckheim), il accompagne le consultant sur le chemin de sa santé, de son équilibre, de son bien-être, en soutenant la force vitale, la nature guérisseuse, le médecin intérieur.

© Neele Dehoux, www.naturopathie-holistique.be